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JE NE SAIS PLUS CE QUE JE VEUX: Comment vous retrouver après des années à répondre aux attentes des autres ?

Photo du rédacteur: Emmanuelle Mesnard
Emmanuelle Mesnard
28 sept.
7 min de lecture


Pendant des années, vous avez peut-être fait exactement ce qu'il fallait : être raisonnable, disponible, fiable, ne pas décevoir, assumer vos responsabilités et vous adapter. Vous avez appris à anticiper les besoins de votre entourage, à tenir vos engagements, à faire en sorte que tout fonctionne. Et vous y êtes sans doute très bien parvenu.

Seulement, à force de savoir précisément ce que les autres attendent de vous, une question beaucoup plus simple est devenue difficile : qu'est-ce que moi, je veux vraiment ?


« Je ne sais plus ce que je veux » : Femme en réflexion prenant un temps d'arrêt.
« Je ne sais plus ce que je veux » : parfois, tout commence par un temps d'arrêt.

Quand l'adaptation devient un mode de vie


Tenir compte des autres est nécessaire. Dans une famille, un couple ou une entreprise, les compromis font partie de la vie commune. La difficulté commence lorsque l'adaptation devient votre fonctionnement par défaut.

Vous choisissez un poste parce qu'il est sécurisant, vous restez dans une situation pour ne pas décevoir, vous acceptez une fois de plus parce que votre entourage compte sur vous. Vous dites oui alors qu'une partie de vous voudrait dire non. Progressivement, vos propres envies deviennent difficiles à identifier, non parce qu'elles ont disparu, mais parce qu'elles passent systématiquement après le reste.


« Je ne sais plus ce que je veux »

Cette phrase revient très souvent dans les périodes de transition. Les enfants grandissent, une séparation redistribue les équilibres, un travail ne vous ressemble plus, une évolution professionnelle remet en cause ce que vous pensiez vouloir. Ou, plus simplement, un constat s'impose un jour : « Ma vie fonctionne, mais je ne suis plus vraiment dedans. »

La tentation est alors de chercher immédiatement une nouvelle direction : changer de métier, partir, se reconvertir, quitter une relation. Pourtant, avant de choisir une direction, il est souvent nécessaire de comprendre ce qui, en vous, a été mis de côté pendant longtemps.


Ce que vous voulez, ce que vous croyez devoir vouloir

Lorsque vous avez longtemps vécu en fonction des attentes extérieures, décider devient étonnamment difficile, car plusieurs voix se mêlent au moment de choisir. Celle qui demande ce qui serait raisonnable, celle qui redoute le regard des autres, celle qui craint de se tromper ou de regretter.

La psychologie offre un repère utile pour démêler ces voix. Elle distingue le « soi idéal », ce que vous aspirez à être et le « soi du devoir », ce que vous pensez devoir être au regard de vos obligations. En 2018, deux chercheurs de l'université Cornell, Shai Davidai et Thomas Gilovich, ont exploré ces deux dimensions à travers six études menées auprès de plusieurs centaines de participants. Résultat : 72 % des regrets exprimés concernaient le soi idéal, contre 28 % pour le soi du devoir.

Leur explication éclaire directement la situation des personnes qui ont beaucoup donné aux autres. Les manquements au devoir sont généralement réparés rapidement, puis classés comme réglés. Les aspirations mises de côté, elles, restent en suspens, parce que rien ne presse jamais vraiment de s'en occuper. C'est précisément ce qui les rend si durables.

Tout l'enjeu consiste donc à distinguer ce que vous voulez, ce que vous croyez devoir vouloir, ce que les autres attendent de vous, et ce qui est réellement juste pour vous aujourd'hui.



Se remettre au centre n'est pas de l'égoïsme

Changer de fonctionnement peut donner l'impression de trahir l'image que vous avez construite, celle d'une personne fiable, disponible et solide. Poser une limite ou faire un choix pour vous déclenche alors une culpabilité familière : « Je vais faire de la peine », « Je ne peux pas penser qu'à moi »...

Pourtant, prendre sa place ne signifie pas prendre toute la place. Il s'agit de reconnaître vos besoins, vos limites et vos envies sans considérer systématiquement ceux des autres comme prioritaires. Il ne s'agit pas de ne plus penser aux autres, mais d'arrêter de passer toujours après eux.

La recherche montre d'ailleurs que cette cohérence profite aussi à vos engagements. Les psychologues Kennon Sheldon et Andrew Elliot ont établi en 1999 que les objectifs cohérents avec les intérêts et les valeurs profondes d'une personne, plutôt que vécus comme imposés, s'accompagnent d'un effort plus soutenu, d'une meilleure réussite et d'un bien-être plus durable. Choisir en accord avec vous-même est aussi ce qui vous permet de tenir dans la durée.


Retrouver sa juste place sans tout bouleverser

Lorsque vous prenez conscience de tout ce que vous avez accepté, l'envie de tout envoyer valser peut être forte. Certains changements sont parfois nécessaires. Mais retrouver votre juste place commence souvent de manière plus discrète à travers par exemple une limite enfin posée, une conversation longtemps repoussée, une décision que vous n'osiez pas prendre, ou simplement le droit de vouloir quelque chose parce que cela compte pour vous.

Vos priorités ont peut-être évolué sans que vous le remarquiez. Ce qui vous convenait à 25 ans peut ne plus vous convenir à 45. Ce que vous acceptiez hier peut devenir insupportable.

La question utile n'est donc pas toujours « comment changer complètement ma vie ? », mais plutôt : qu'est-ce qui, dans ma vie actuelle, ne correspond plus à la personne que je suis aujourd'hui ?


Une situation fréquente en accompagnement

(Prénom fictif)

Claire a 47 ans. Au bureau comme dans sa famille, elle est celle sur qui tout le monde compte. Lorsqu'elle arrive au cabinet, elle le résume ainsi : « Je ne sais plus où j'en suis, je ne sais plus ce que je veux. Je me demande s'il ne faudrait pas que je change de métier. » Elle se sent dans le brouillard, incapable de dire précisément ce qui ne va pas, sinon qu'elle n'est plus à sa place.

Au fil des séances du programme Juste Place, il apparaît que le métier n'est pas le cœur du problème. Ce qui l'épuise, ce sont les dossiers qu'elle reprend pour ses collègues, les soirées où elle dit oui par habitude, le sentiment de ne plus rien décider pour elle-même. L'accompagnement a consiste d'abord à comprendre ce qu'elle ressent et pourquoi elle s'efface ainsi, puis à poser une première limite concrète : ne plus reprendre systématiquement le travail de son équipe. D'autres suivent. Claire apprend à mieux se connaître, à reconnaître ses besoins et à les exprimer.

À la fin de l'accompagnement, Claire n'a pas changé de métier. Elle a en revanche changé sa manière de l'exercer. Elle ose dire ce qu'elle ressent, ses relations avec ses collègues ont évolué, et elle a ouvert avec sa direction une discussion sur ses missions. Elle se sent davantage écoutée. Surtout, elle a retrouvé un équilibre entre sa vie professionnelle, sa vie de famille et sa vie sociale.



Trois questions pour commencer

  • Qu'est-ce que je fais principalement pour répondre aux attentes des autres ? Sans jugement, notez les situations où vous dites oui en pensant non, celles où vous vous adaptez systématiquement, celles où vous cherchez davantage la validation que l'accord avec vous-même.


  • Que choisirais-je si je n'avais pas peur de décevoir ? Cette question fait parfois réapparaître une envie longtemps mise de côté. Il ne s'agit pas d'agir immédiatement, seulement de la reconnaître.


  • Dans quel domaine de ma vie ne suis-je plus vraiment à ma place ? Le travail, le couple, la famille, les relations, le rythme de vie, votre manière de vous engager. Vous n'avez pas besoin de tout clarifier d'un coup. La clarté vient souvent après avoir regardé honnêtement ce qui ne convient plus.


Quand vous ne savez même plus ce qui vous convient

C'est souvent à ce moment là qu'un accompagnement personnalisé peut devenir utile. Non pour décider à votre place, mais pour remettre de l'ordre dans ce qui se mélange, comme vos besoins, vos peurs, vos habitudes, vos valeurs, vos envies et vos limites.


Mon accompagnement repose sur une méthode en trois temps : Ressentir, Choisir, Agir.

  • Ressentir, c'est revenir à vous : écouter ce que votre corps et vos émotions vous indiquent, au-delà des automatismes et des injonctions, pour comprendre ce qui se joue réellement.


  • Choisir, c'est faire le tri entre ce que vous voulez vraiment et ce que vous pensez devoir vouloir, pour décider en conscience plutôt que par peur, culpabilité ou habitude.


  • Agir, c'est traduire ces choix en actions concrètes, adaptées à votre vie actuelle, à votre rythme et à votre énergie, sans vous imposer davantage d'efforts.


Ces trois temps forment un même mouvement :

  1. vous reconnecter à vous-même,

  2. retrouver votre capacité de choix

  3. créer des changements qui tiennent dans la durée. Découvrir ma méthode


Retrouver sa juste place ne consiste pas à devenir quelqu'un d'autre. Il s'agit de savoir ce qui compte pour vous, de reconnaître ce qui ne convient plus et d'oser des choix cohérents avec cela, quitte à ne pas toujours répondre aux attentes des autres. Votre vie n'a peut-être pas besoin d'être reconstruite. Elle a peut-être simplement besoin de redevenir la vôtre.



Vous vous reconnaissez dans ce décalage ?

J'accompagne au Bouscat, près de Bordeaux, les adultes qui traversent une transition, une perte de sens ou un questionnement, et qui sentent qu'ils ne sont plus tout à fait à leur place dans leur vie. Mon approche associe coaching de vie et kinésiologie pour travailler à la fois sur ce qui se comprend, ce qui se ressent et ce qui demande à évoluer concrètement.


Pour celles et ceux qui souhaitent un cadre structuré, le programme Juste Place propose sept séances pour traverser cette transition étape par étape.


Si vous sentez que quelque chose doit changer sans savoir encore quoi, un premier échange téléphonique de 30 minutes vous est offert pour vous permettre de faire le point sur votre situation Réserver mon appel.



Références


Davidai, S. et Gilovich, T. (2018). The ideal road not taken: The self-discrepancies involved in people's most enduring regrets. Emotion, 18(3), 439. DOI : 10.1037/emo0000326. Synthèse de l'université Cornell


Sheldon, K. M. et Elliot, A. J. (1999). Goal striving, need satisfaction, and longitudinal well-being: The self-concordance model. Journal of Personality and Social Psychology, 76(3), 482-497. DOI : 10.1037/0022-3514.76.3.482. Résumé PubMed


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